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02/04/2010

Remise du prix littéraire de l'Ajmed

Prix littéraire

La quatrième édition du prix littéraire de l'Ajmed a eu lieu le 18 mars 2010 au Medec. Ce prix distingue chaque année un ouvrage grand public écrit par un scientifique, sur un sujet d'actualité.

Le prix littéraire 2010 de l'Ajmed a été remis par Bénédycte Transon-Capone le 18 mars 2010, après la tenue de notre assemblée générale, au Medec.
Le prix littéraire a été attribué à Dorothée Benoit-Browaeys pour « Le meilleur des nanomondes », éd Buchet Chastel.
Le prix coup de cœur a été remis à  Benoit Bayle, pour "A la poursuite de l’enfant parfait", éd. Robert Laffont.
Un grand merci à l'agence Presse Papiers, qui a permis que cet événement ait lieu.

Voici le texte du discours de Bénédycte:

"Bonjour à toutes et à tous,

Depuis maintenant quatre ans, l’association des journalistes médicaux, l’Ajmed, décerne chaque année, un prix littéraire. Ce prix a été créé afin de récompenser un ouvrage qui répond à plusieurs critères bien spécifiques : un style d’écriture et un mode de traitement intéressants, une qualité d’enquête et de témoignage digne d’intérêt, une réelle  originalité… Le cru 2009 était de qualité. Il n’a pas été simple de faire notre choix et de départager les finalistes. Pourtant, deux ouvrages très différents sont sortis du lot. C’est pour cette raison, que nous avons décidé comme pour l’année dernière, de les récompenser tous les deux.
Le prix littéraire est attribué à Dorothée Benoit Browaeys pour « le meilleur des nanomondes ». Journaliste scientifique, elle s’est spécialisée dans les sciences du vivant. Elle est également déléguée générale de VivAgora, une association qui milite pour l’engagement citoyen dans la gouvernance des technologies. Or c’est bien de cela qu’il s’agit. Si les nanoparticules ne datent pourtant pas d’hier, elles ont aujourd’hui envahi notre quotidien. Elles sont si petites qu’elles s’immiscent partout. Inclus dans une matrice, elles n’engendrent normalement pas de risque.. En revanche, à l’air libre, elles courcicuitent les barrières biologiques et peuvent pénétrer dans le sang et les différents organes. Et c’est sur ces points que l’auteur a voulu nous alerter. Quels risques court-on ? les enjeux financiers auront-ils la priorité sur notre santé ? Au travers d’un document fiction et surtout d’une formidable enquête, extrement bien documentée, l’auteur décrit leur impact sur le quotidien d’une famille espagnole de 2002 à 2020. Tout y passe, la cosmétique, l’alimentation, les médicaments, l’habillement, les produits ménagers, les emballages… la conclusion est sans appel : un débat s’impose !
Au nom de l’Ajmed, je suis très heureuse de vous remettre ce prix littéraire.

Le deuxième ouvrage selectionné aborde un tout autre domaine. L’enfant, et plus précisément sa forme médicalisée : contraception, procréation médicalement assistée, diagnostic pré-implantatoire, bébé-médicament, mères porteuses, cultures de cellules souches embryonnaires… La conception de cet enfant fait l’objet à la fois d’une attention sans pareille, tant au plan médical que psychologique et sociétal. Elle est indissociable de notre société. Elle structure notre rapport à autrui. « Un enfant si je veux, quand je veux, comme je veux… », « un enfant même si je ne peux pas ». Elle détermine aussi notre sexualité. Le couple devient une unité narcissique. La notion de famille se dilue. Les enfants évoluent dans un nouveau oontexte, qui n’est pas si éloigné de la révolution procréatique. C’est l’enfant qui fait la famille alors qu’avant, c’etait le contraire. Ce n’est décidément pas une science médicale ordinaire. Malgré tout, des questions restent en suspens. Et pas des moindres. Que va-t-il advenir de cet enfant désiré au dela tout ? Quel destin pour cet autre né d’une mère ménopausée ou de ses jumeaux, concu en éprouvette mais nés à plusieurs années d’intervalle ? Et de celui concu pour soigner un membre de la fratrie malade ? Sa venue n’est pas le fait du hasard. Il est devenu le produit privé, du vœu de ses géniteurs. Vous dites également que lorsque des individus ont le choix de faire des enfants ou non, ils sont nombreux à ne pas en vouloir. Vous parlez alors de refus profond de ce que représente l’enfant à l’échelle de l’espèce. Un paradoxe dont il ne sortira pas indemme. Votre travail vous a emmené hors des sentiers de la procréation vers une réflexion humaniste qui nous a séduit et touché. Le psychiatre et docteur en philosophie que vous êtes à réussi cette gageure d’aborder toutes les différentes facettes de ce sujet sans jamais oublier que cet embryon ou futur embryon est déjà une personne. Un ouvrage pétri d’humanité que nous sommes très heureuses de récompenser aujourd’hui."


Liens et téléchargements

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